Courts métrages en compétition

Vendredi 22 novembre à 21h+ 12 ans2,30€ / 3,80€ECPC, Gonfreville l’Orcher

SKIN

De Guy Nattiv
Etats-Unis, fiction, 2018, 20’

Un petit supermarché dans une ville des Etats-Unis, un homme noir sourit à un garçon blanc âgé de 10 ans à travers le couloir des caisses. Ce moment anodin envoie deux gangs dans une guerre impitoyable qui se terminera violemment.

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Guy Nattiv

Avant de s’installer aux Etats-Unis, Guy Nattiv réalise plusieurs longs métrages en Israël., son pays d’origine. Son premier film, STRANGERS, est en compétition en 2008 aux festi-vals de Sundance et de Tribeca. Présélectionnée aux Oscars, il est primé dans plus de 20 festivals autour du monde, dont Locarno. Le deuxième long métrage de Guy Nattiv, THE FLOOD, remporte un prix spécial à la Berlinale en 2012 et est nominé dans six catégories aux Oscars israéliens, où il remporte le prix du meilleur acteur. Son premier long métrage américain intitulé SKIN est projeté pour la première fois en 2018 au Festival International de Toronto où il remporte le Prix de la critique Fipresci. Il est présenté pour la première fois en Europe en 2019 à la Berlinale. Il est tiré du court-métrage homonyme de Guy Nat-tiv qui a remporté le grand prix aux festivals d’Hollyshorts et de San Jose et qui a été sé-lectionné aux Oscars en 2019.

Le mot des jeunes

Après un passage plus que remarqué au Oscar, nous avons le plaisir de vous présenter Skin de Guy Nattiv, un film glaçant, et perturbant pourtant inspiré de faits réels, qui dénon-ce le racisme encore bien présent aux Etats-Unis notamment au sein des groupes skin-head néonazi. Tout part d’un simple sourire, mais delà s’enchaine une violence inouïe, sublimé par une réalisation froide, contenu et sobre. Un jeu sur les lumières et les cou-leurs magnifie cette violence difficilement supportable en tous points. Guy Nattiv signe un chef d’oeuvre insoutenable et puissant.

Josépha

MAKE IT SOUL

De Jean-Charles Mbotti Malolo
France, animation, 2018, 15’

Chicago, hiver 1965. Le Regal Theater accueille James Brown et Solomon Burke, deux géants de la Soul Music. En coulisses, la tension monte entre le King of Rock and Soul et le Soul Brother n°1. Mais dans l’Amérique des années 60, les deux hommes savent que leur musique a des pouvoirs insoupçonnés.

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Jean-Charles Mbotti Malolo

Jean-Charles Mbotti Malolo a grandi dans les années 90 dans la région lyonnaise. Son film de fin d’études, « Le Coeur est un métronome », a reçu le « Prix du meilleur 1er film » au festival d’Hiroshima en 2008. Le dessin est sa première passion, mais la danse a tou-jours fait partie de son mode d’expression. Dans cette lignée, Jean-Charles écrit et réalise « Le Sens du Toucher » en 2014, un film qui allie l’esthétique de la danse et de la langue des signes. Il reçoit un bel accueil en participant à plus de 60 festivals, et se distingue avec 22 prix internationaux. En 2018, il réanime James Brown et Solomon Burke dans un court-métrage intitulé « Make it Soul ».

 

Le mot des jeunes

« A change is gonna come »… Cette célèbre chanson de Sam Cooke évoqué dès le début du film illustre ici tout le propos du réalisateur. Comment un artiste peut-il se faire détrôné de son statut de « king » pour ensuite parfois être oublié complètement. On connait bien le nom de James Brown mais un peu moins celui de Salomon Burke que le film s’occupe de remettre en lumière. A travers des images colorées et texturées (au feutre notamment), de la musique endiablée ainsi qu’une ambiance solaire, on plonge avec beaucoup d’intérêt dans cette histoire trop peu connue rythmée par des airs, eux, que l’on connait par coeur.

Eva

BROTHERHOOD

De Meryam Joobeur
Canada, Tunisie, Qatar, Suede, fiction, 2018, 25’

Mohamed, un berger endurci vivant en Tunisie rurale avec sa femme et ses deux fils est profondément ébranlé par le retour de Syrie de son fils aîné Malik. Accompagné d’une mystérieuse nouvelle épouse, Malik fait face au regard désapprobateur de son père. La tension entre le père et le fils s’intensifie en quelques jours jusqu’à atteindre un point de rupture.

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Meryam Joobeur

Scénariste et réalisatrice tunisienne et américaine, Meryam Joobeur est diplômée de la Mel Hoppenheim School of Cinema de Montréal. Elle développe actuellement trois longs métrages dont le long métrage « Brotherhood » adapté du court métrage. Maryam Joo-beur a participé en 2016 au Berlinale Talent Lab, TIFF Talent Labn et au Rawi Screen-writer’s Lab. Brotherhood est son troisième court métrage.

 

Le mot des jeunes

« Brotherhood » se présente comme un drame éprouvant portant sur les rapports Syro-Tunisiens et la situation politique en Tunisie. Ce sujet peu traité est abordé par le biais de Mohamed et sa famille qui assiste au retour du fils ainé après des mois de guerre en Sy-rie. Ce court-métrage qui se construit autour des non-dits et la difficulté de communiquer, dénonce à travers tout cela le destin tragique des femmes syriennes mais aussi des tra-ces que laissent la guerre pour les hommes qui y participent. La réalisation et l’image chaudes et chaleureuses du retour au foyer tranche avec la dureté de la situation, une dichotomie marquante entre réalisation et scénario, qui ne fait que mieux présenter les conflits et enjeux au sein de cette famille qui peinent à se retrouver et à communiquer.

Josépha

 

SOUS LE CARTILAGE DES CÔTES

De Bruno Tondeur
Belgique, France, animation, 2018, 13’

Pierrot a une plaie qui ne se referme pas. C’est dur quand toute la vie ça grattouille par-ci et que ça suinte par-là. Et paf ! Une crise. Et paf, la maladie. C’est peut-être juste une an-goisse… Ou pas. Peut-être qu’ils en parlent sur Doctissimo? C’est l’histoire d’un mec qui va mourir… Peut-être.

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Bruno Tondeur

Après des études en illustration à Saint-Luc (Bruxelles) et un Master en animation à La Cambre (Bruxelles), Bruno Tondeur est actuellement animateur 2D Freelance et illustra-teur. Il a réalisé plusieurs courts métrages d’animation. Son film le plus connu, DEEP SPACE (2014), a été sélectionné au festival de Clermont-Ferrand et a gagné le Prix SACD du Meilleur court-métrage d’animation.

 

Le mot des jeunes

Découvert à Clermont-Ferrand, Sous le cartilage des côtes nous a d’abord interpelé, dé-rangé. L’ambiance y est unique, et la thématique qui tourne autour de l’hypocondrie est est évoquée de manière subtile, voir métaphorique. Techniquement, le mélange d’animation 2D et de stop motion ajoute encore un peu plus à la singularité du film et l’utilisation d’une palette colorée assez restreinte semble évoqué l’état intérieur du malade. C’est un film qui nous parle à tous parce qu’il traite de craintes profondes bien ancrées en nous.

Léa

LE CHANT D’AHMED

De Foued Mansour
France, fiction, 2018, 30’
En présence du réalisateur

Ahmed, employé des bains douches proche de la retraite, voit un jour débarquer Mike, adolescent à la dérive. Entre ces murs, dans un lieu sur le point de disparaître, une étran-ge relation va naître entre ces deux âmes fêlées.

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Foued Mansour

Après un DEUG d’Histoire, Foued Mansour intègre brièvement une école de cinéma, mais préfère rapidement se confronter à la réalité des tournages. En 2009, il réalise son premier court métrage, « La raison de l’autre », court-métrage qui traite du questionnement d’une travailleuse sociale face à la situation d’un érémiste. Le film remportera de nombreux prix et conclura son parcours par une nomination aux César 2010 dans la catégorie meilleur court-métrage.
Avec « Un homme debout », court-métrage de 2011, il aborde le thème de la reconstruction per-sonnelle, du droit à la deuxième chance et de la vindicte populaire. En 2012, il réalise un nouveau court La dernière caravane, western social tourné en noir et blanc.

 

Le mot des jeunes

Le chant d’Ahmed c’est avant tout un film sur deux générations qui se rencontrent, sur un pied d’égalité, et qui vont se confronter comme pour mieux se comprendre et se rapprocher. Les deux comédiens jouent avec une grande justesse, dévoilant peu à peu l’un à l’autre leurs fragili-tés et leur manque affectif . Au travers de ses deux âmes fêlées, soli-taires que sont Mike et Ahmed, Foued Mansour aborde avec une gran-de sensibilité des thèmes sous jacents, comme le déracinement, les conditions de vie des travailleurs pauvres . Nous rions et le trouvons poignant dans la seconde qui suit, remplis de mélancolie.

Salim

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